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Attal, cocaïne et présidentielle : la bombe Jublin

Attal, cocaïne et présidentielle : la bombe Jublin

Quand la politique rencontre la confession publique forcée, le résultat ressemble rarement à un acte de bravoure. Louis Jublin, ancien conseiller en communication de Gabriel Attal, a accordé un long portrait à Vanity Fair dans lequel il révèle une addiction passée à la cocaïne. Le quadragénaire l’admet lui-même : il a voulu devancer la publication d’une vidéo le montrant en train de consommer de la drogue. Autrement dit, cette transparence n’est pas un choix, c’est une gestion de crise.

Le timing est tout sauf anodin. Gabriel Attal, que Jublin a accompagné de Bercy à Matignon pendant plusieurs années, est désormais candidat à la présidentielle de 2027. La bombe n’explose donc pas sur un conseiller isolé : elle atterrit aux pieds d’un candidat en pleine construction de son image. Et dans une campagne qui n’a pas encore vraiment démarré, chaque éclaboussure compte double.

La question qui se pose n’est pas morale. Les addictions touchent des millions de Français, à tous les niveaux de la société, et l’ancien conseiller dit avoir surmonté la sienne. Non, ce qui mérite d’être examiné, c’est le mécanisme : un homme en position d’influence, gravitant au cœur du pouvoir exécutif, contraint de se confesser publiquement non par choix personnel mais pour contrer une fuite. La politique française a ce talent particulier pour transformer les failles privées en munitions publiques.

« Je me dézinguais à m’en faire péter la couscoussière. »

Cette formule, aussi colorée soit-elle, résume l’ambivalence de l’aveu : une auto-dérision qui cherche à désarmer la critique avant qu’elle ne frappe. C’est du communication management appliqué à sa propre chute. Jublin connaît le métier, et ça se voit.

Pour Attal, l’affaire crée un angle mort embarrassant. Pas parce que son ex-conseiller consommait de la drogue, mais parce que la révélation relance inévitablement le débat sur les entourages politiques et les angles morts du recrutement dans les cabinets ministériels. Qui savait quoi, et quand ? Ces questions, même sans réponse précise, s’impriment dans les esprits à l’approche d’une présidentielle.

Plus largement, cet épisode illustre un phénomène croissant : la presse people et politique se fondent dans un même récit, où l’intime devient électoral. Vanity Fair n’est pas Le Monde, mais l’article aura autant, sinon plus, de portée sur les réseaux. Les conseillers de l’ombre, autrefois protégés par l’anonymat, deviennent des personnages à part entière du roman national. Jublin a choisi de s’écrire lui-même avant que d’autres ne le fassent à sa place. Ce calcul est compréhensible. Reste à savoir si Attal, lui, avait besoin de ce chapitre supplémentaire dans une campagne qui n’a pas encore trouvé son souffle.

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