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Fête de la musique interdite : Mélenchon en martyr, mais à quel prix ?

Fête de la musique interdite : Mélenchon en martyr, mais à quel prix ?

Imaginez la scène : un concert organisé pour la Fête de la musique, ambiance festive garantie, sono branchée, foule attendue. Et puis, quelques heures avant le coup d’envoi, la Préfecture de police de Paris sort son veto. Le parti à l’origine de l’événement crie au scandale, son leader s’enflamme, et l’affaire se retrouve devant le tribunal administratif dans la foulée. Bienvenue dans la politique française de juin 2026.

Ce concert, c’était celui de La France Insoumise, prévu à Paris le 21 juin. La préfecture a décidé de l’interdire, sans que les sources disponibles n’en détaillent précisément les motifs. Jean-Luc Mélenchon, candidat insoumis à la prochaine présidentielle, n’a pas tardé à monter au créneau, dénonçant ce qu’il appelle un « scandale démocratique grave en période électorale ». LFI a aussitôt saisi le tribunal administratif pour tenter de faire annuler cette décision.

Sur le fond juridique, la question mérite d’être posée sérieusement. Une interdiction préfectorale de rassemblement en période de campagne électorale est toujours un acte lourd, qui engage la responsabilité de l’État. Si les motifs d’ordre public invoqués sont insuffisants ou disproportionnés, le tribunal administratif a toutes les chances de donner raison aux organisateurs. La liberté de réunion et d’expression politique est un pilier constitutionnel que même une préfecture ne peut balayer d’un revers de main sans justification solide.

« Un scandale démocratique grave en période électorale. »

Mais il faut aussi regarder l’autre côté du miroir. LFI excelle depuis des années dans l’art de transformer chaque obstacle en carburant militant. Une interdiction préfectorale, même potentiellement fondée sur des raisons légitimes de sécurité ou de trouble à l’ordre public, devient immédiatement une arme rhétorique dans la bouche de Mélenchon. Le « scandale démocratique » est proclamé avant même que le juge ait dit quoi que ce soit. C’est un réflexe politique rodé : faire du bruit d’abord, laisser les faits suivre si possible.

Ce qui est réellement en jeu ici dépasse la Fête de la musique. À quelques mois d’une présidentielle, chaque incident devient un test grandeur nature de la capacité d’un parti à mobiliser ses troupes et à occuper l’espace médiatique. Pour LFI, une interdiction préfectorale est presque un cadeau : elle permet de se poser en victime d’un État autoritaire, de galvaniser une base qui aime les récits de résistance, et de faire oublier les questions de fond sur le programme ou les alliances.

Reste que si le tribunal administratif donne raison à LFI et annule l’interdiction, ce sera bien l’État qui aura eu tort, pas Mélenchon. Et ce scénario, dans un contexte de campagne où la crédibilité des institutions est déjà fragilisée, aurait des conséquences bien au-delà d’un concert estival raté. La justice tranchera, les urnes aussi.

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