Iran-USA : la paix déjà en flammes
L’encre du cessez-le-feu était à peine sèche. Signé le 17 juin entre Washington et Téhéran, le protocole d’accord était présenté comme un tournant diplomatique majeur dans une région à bout de nerfs. Neuf jours plus tard, un navire est attaqué dans le détroit d’Ormuz, et Donald Trump poste sur les réseaux une accusation directe contre l’Iran : « violation stupide » du cessez-le-feu.
Ce qui se joue au détroit d’Ormuz n’est pas qu’un incident maritime isolé. C’est le nœud gordien des négociations actuelles : Téhéran veut taxer le passage dans ce couloir stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, Washington refuse catégoriquement. Derrière cette querelle de péage se cache une question de souveraineté et de rapport de force. L’Iran cherche à monétiser sa position géographique comme levier de puissance, les États-Unis à préserver la liberté de navigation comme principe intangible de l’ordre maritime international.
« Benyamin Nétanyahou considère que cet accord est une défaite stratégique pour Israël. »
Et pendant que les deux protagonistes se chamaillent, Israël continue de bombarder le Liban, selon les informations du correspondant du Monde à Jérusalem. Nétanyahou, qui n’aurait pas intérêt à voir la guerre s’arrêter selon cette analyse, joue sa propre partition en dehors de toute concertation avec Washington. Ce décalage entre alliés révèle à quel point l’accord américano-iranien repose sur des fondations fragiles : chaque acteur régional tire dans sa direction.
Le risque est réel. Un cessez-le-feu que personne ne respecte vraiment, des négociations minées par des incidents sur le terrain, un Israël qui agit en électron libre : le Moyen-Orient semble structurellement incapable de transformer un accord sur le papier en paix concrète. La prochaine provocation pourrait être la dernière bonne excuse pour tout faire exploser.





