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Le Maroc n’est plus un conte de fées

Le Maroc n’est plus un conte de fées

34 matchs sans défaite. Pas un revers, pas une capitulation, pas même un instant de doute collectif qui aurait pu laisser croire à une bulle prête à éclater. Le Maroc vient de battre le Canada et file en quarts de finale de la Coupe du Monde 2026, et il est désormais impossible de ranger les Lions de l’Atlas dans la catégorie des équipes-surprises qu’on applaudit poliment avant de les voir rentrer à la maison.

Ce chiffre de 34 matchs sans défaite, c’est le premier argument qui claque la porte à tous ceux qui s’apprêtaient à parler de miracle. Un miracle, ça dure le temps d’une soirée. Une série de 34 matchs, ça s’appelle une méthode, une philosophie, un projet collectif qui tient la route dans la durée. Walid Regragui a construit quelque chose de rare : une équipe qui défend avec une intensité maniaque et qui sait exactement ce qu’elle fait quand elle a le ballon. Ce n’est pas de l’improvisation poétique nord-africaine comme certains commentateurs aiment à le romantiser. C’est du travail, point.

La vraie question que ce parcours pose, c’est celle du rapport au favoritisme dans un tournoi où les certitudes s’effondrent les unes après les autres. Le Brésil tremble, des géants titubent, et le Maroc avance, serein, méthodique, presque ennuyeux dans sa régularité. Presque.

« Leur campagne à la Coupe du Monde ne peut plus être considérée comme un conte de fées. »

Ce que les Lions de l’Atlas ont réussi à faire depuis le Mondial 2022, c’est changer de statut sans changer d’âme. L’équipe qui avait atteint le dernier carré au Qatar n’était pas un accident de l’histoire du football : c’était l’annonce d’un cycle. Ce cycle est toujours en cours, et il tourne à plein régime sur le sol américain. Les joueurs issus de la diaspora, parfaitement intégrés dans un vestiaire soudé, apportent une qualité technique et une mentalité de gagnants formés dans les grands clubs européens. C’est un modèle que beaucoup de fédérations africaines regardent avec envie.

Le risque, maintenant, c’est justement ce nouveau statut. Quand on n’est plus l’outsider qu’on ne craignait pas vraiment, on devient une cible. Les quarts de finale, c’est un autre monde de pression. Chaque adversaire potentiel aura épluché les 34 matchs, cherché la faille, préparé un plan pour casser ce bloc marocain. Et les failles existent : la profondeur de banc reste une interrogation, et maintenir ce niveau d’intensité défensive sur la longueur d’un tournoi de ce calibre est un défi physique colossal.

Mais si ce Maroc a appris quelque chose depuis deux ans, c’est à vivre avec la pression et à la transformer en carburant. À quel moment ce groupe décide-t-il que son histoire mérite une fin différente de celle de 2022 ? La réponse pourrait bien se jouer dans les prochains jours, et elle concerne désormais tout le continent africain.

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