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Le pays qui profitera le plus de cette CDM2026 !

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Il y a quelque chose de presque paradoxal, et franchement fascinant, dans la position qu’occupe le Maroc en ce moment dans le football mondial. Pendant que les États-Unis, le Canada et le Mexique se disputent l’honneur d’accueillir les matchs de la Coupe du monde 2026, Rabat, Casablanca et Marrakech observent. Elles regardent, elles prennent des notes, et elles construisent en silence quelque chose de bien plus grand que n’importe quel quart de finale.

Car le Maroc ne se contente pas de participer sportivement à ce Mondial nord-américain. Trois ans après une demi-finale historique au Qatar qui avait électrisé la planète entière, les Lions de l’Atlas arrivent en 2026 avec des ambitions clairement affichées sur le terrain. Mais en coulisses, la véritable compétition se joue ailleurs. Le royaume chérifien utilise cette édition comme un gigantesque laboratoire, une répétition générale avant l’échéance qui compte vraiment à ses yeux : la Coupe du monde 2030, qu’il coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.

Et cette coorganisation mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle est elle-même une curiosité géopolitique remarquable. La FIFA a validé une formule baroque où le coup d’envoi symbolique sera donné en Uruguay, en Argentine et au Paraguay, pour célébrer le centenaire de la compétition, avant que le vrai tournoi ne se déroule entre l’Europe et l’Afrique. Trois continents, un seul trophée. Jamais on n’avait vu cela. Et c’est précisément dans ce désordre organisé que le Maroc a trouvé sa place, lui qui, comme le résumait très bien un expert cité par Le Monde, « ne pouvait pas y aller seul ».

« Pour organiser une Coupe du monde à 48 équipes, les candidatures conjointes vont devenir la norme. »

Ce constat brutal dit tout. Le football de demain est trop grand, trop lourd, trop coûteux pour un seul pays. Le Maroc l’a compris avant beaucoup d’autres, et cette lucidité stratégique force le respect. En s’associant à l’Espagne et au Portugal, il ne renonce pas à son ambition, il la rend réaliste. Il transforme une limite en levier.

Reste la vraie question, celle que tout le monde évite d’énoncer clairement : le Maroc sera-t-il réellement prêt en 2030 ? Les infrastructures progressent, la CAN récemment organisée a servi de test grandeur nature, et la dynamique est indéniable. Mais entre l’enthousiasme légitime et les exigences concrètes d’un Mondial à 48 équipes réparties sur deux continents, l’écart peut se creuser vite. Les stades, les transports, la capacité hôtelière : chaque détail logistique deviendra un sujet politique.

Et puis il y a l’équipe elle-même. Si les Lions de l’Atlas réussissent un nouveau parcours fracassant en 2026, la pression populaire sur 2030 deviendra colossale. Le peuple marocain voudra voir son équipe soulever la coupe chez elle, sur son sol, devant les siens. Ce scénario, aussi romanesque soit-il, pourrait bien devenir le poids le plus difficile à porter.

Le Maroc joue en 2026. Mais il prépare 2030. La nuance est capitale, et personne ne devrait l’oublier.

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