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Netflix veut payer moins pour la culture française

Netflix veut payer moins pour la culture française

Deux cent cinquante millions d’euros par an investis dans la création française, et pourtant Netflix se plaint. Le paradoxe mérite qu’on s’y attarde.

La plateforme américaine, devenue selon ses propres termes un « pilier » de la production hexagonale, monte au créneau contre la règle qui lui impose de consacrer 20 % de son chiffre d’affaires réalisé en France aux œuvres françaises et européennes. Elle réclame désormais un « plafonnement » de cette obligation, arguant d’une menace sur la « viabilité des règles actuelles de financement ».

Le timing est savoureux. Netflix revendique son rôle central dans l’écosystème audiovisuel français au moment précis où il cherche à en alléger les contraintes financières. C’est un peu l’arroseur qui se dit arrosé.

« La plateforme alerte sur la viabilité des règles actuelles de financement par les diffuseurs. »

Pourtant, la logique économique de Netflix n’est pas absurde. Plus son chiffre d’affaires en France croît, plus l’obligation en valeur absolue enfle mécaniquement, sans plafond. Un succès commercial se transforme ainsi en charge croissante, ce qui crée une incitation perverse à limiter la croissance locale ou à optimiser la déclaration de revenus sur le territoire. La demande de plafonnement est donc aussi une demande de prévisibilité budgétaire.

Reste que cette bataille s’inscrit dans un rapport de force bien plus large. Donald Trump menaçait cette semaine encore de taxer à 100 % les pays qui imposeraient des taxes sur les services numériques américains. Netflix joue ici une partition similaire : celle d’une entreprise américaine qui accepte les règles du marché européen jusqu’au moment où elles deviennent trop coûteuses. La France tiendra-t-elle sa ligne face à ce lobbying bien ficelé, ou inventera-t-elle un compromis qui ressemble à une capitulation déguisée ?

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