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Phantom Blade Zero : 4 à 6 heures de jeu,

Phantom Blade Zero : 4 à 6 heures de jeu,

Qualifier Phantom Blade Zero de Souls-like, c’est exactement ce que son développeur, S-Game, refuse catégoriquement. Pourtant, après plusieurs sessions de prévisualisation organisées à Pékin entre quatre et six heures de jeu, la question demeure entière : le studio chinois a-t-il vraiment créé quelque chose d’inédit, ou joue-t-il simplement sur les mots pour se distinguer d’un héritage encombrant ?

Le « kung-fu punk » : concept marketing ou vraie rupture ?

S-Game revendique un genre nouveau qu’il nomme « kung-fu punk », mélange assumé des arts martiaux wuxia traditionnels et d’une esthétique résolument moderne, presque cyberpunk. Le directeur créatif du jeu, qui signe sous le pseudonyme Soulframe, explique que cette idée l’habite depuis ses études d’architecture à Yale, où il combinait déjà culture chinoise classique et influences pop contemporaines. Sur le papier, le concept est séduisant. En pratique, les journalistes ayant accès à la version PC confirment que l’univers visuel tient ses promesses : animations spectaculaires, boss imposants, direction artistique qui claque à chaque écran.

Le problème, c’est que dès que l’on pose les mains sur la manette, ce sont les ressemblances avec les productions de From Software qui sautent aux yeux avant les différences. Parry précis, gestion de l’endurance, exploration compartimentée en zones : autant d’éléments qui rappellent immédiatement Sekiro ou Elden Ring. S-Game a sans doute eu raison de communiquer sur ses particularités, mais il ne peut pas effacer d’un coup de baguette des influences aussi évidentes.

Ce que les six heures de jeu révèlent vraiment

Les previews organisées à Pékin et Shanghai ont permis de parcourir le jeu depuis le tout début jusqu’à la fin du premier chapitre, avec un accès à deux combats de boss distincts. Le joueur incarne Soul, ancien combattant redouté du monde souterrain de la Wulin, condamné à mourir dans soixante-six jours à cause d’un cœur artificiel implanté par une mystérieuse personnage surnommée la Sculptrice de Chair. Ce compte à rebours narrative donne une urgence palpable à chaque situation.

Le système de combat, lui, marie contrôles accessibles et parrades exigeantes avec une lisibilité visuelle impressionnante. Plusieurs observateurs issus de médias anglophones comme Polygon et PCGamesN comparent déjà Phantom Blade Zero à Sekiro : Shadows Die Twice, titre qui, sept ans après sa sortie, continue d’alimenter les discussions dans la communauté. C’est une comparaison qui engage : Sekiro représente un niveau d’excellence rarissime dans le jeu d’action.

« Je pense sincèrement que Phantom Blade Zero est en passe de devenir le prochain grand succès du jeu d’action. Un titre dont on parlera encore dans cinq ans. », PCGamesN, à l’issue de six heures de jeu à Pékin

Là où Phantom Blade Zero se distingue concrètement, c’est dans sa fluidité de déplacement et sa liberté d’exploration relative au sein du premier chapitre. L’exploration reste compartimentée, mais moins bridée que dans un Dark Souls classique, avec une verticalité plus prononcée et des animations de déplacement qui rappellent davantage Devil May Cry que le cheminement lourd d’un Souls traditionnel.

Un jeu d’action dans un marché déjà chargé

L’automne 2026 n’est pas avare en jeux d’action ambitieux. Beast of Reincarnation, Onimusha : Way of the Sword, Romeo Is a Dead Man : la concurrence est réelle et le joueur a l’embarras du choix. Dans ce contexte, Phantom Blade Zero doit prouver qu’il apporte quelque chose d’irremplaçable plutôt que de simplement cocher toutes les cases du genre. Les retours de prévisualisation suggèrent qu’il y parvient, au moins sur les premières heures, grâce à un style visuel cohérent et un gameplay qui récompense l’apprentissage sans jamais se montrer absurdement punitif.

Ce qui reste en suspens, c’est la durée de vie, la cohérence narrative sur l’ensemble du jeu et la capacité de S-Game à tenir ce niveau de qualité au-delà du premier chapitre. Quatre à six heures de jeu, c’est suffisant pour juger d’un potentiel, insuffisant pour valider une expérience complète. L’histoire de l’industrie regorge de démos éblouissantes suivies de secondes moitiés décevantes.

À retenir

  • Style « kung-fu punk » : un mélange de wuxia traditionnel et d’esthétique moderne qui convainc visuellement dès les premières heures.
  • Comparaisons à Sekiro : plusieurs médias placent déjà Phantom Blade Zero au niveau des grands jeux d’action de la décennie, une attente qui pèse lourd.
  • Inconnues persistantes : la qualité du reste du jeu, la narration sur la durée et la fenêtre de sortie définitive restent à confirmer.

Phantom Blade Zero arrive dans un créneau très disputé, mais il semble avoir les arguments pour s’y imposer. Si S-Game parvient à maintenir ce niveau sur vingt ou trente heures de jeu, le studio chinois pourrait bien signer l’une des surprises marquantes de cette fin d’année et prouver que le jeu d’action de qualité n’est pas l’apanage exclusif des grands noms japonais ou occidentaux du genre.

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