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Supergirl relance le DCU, mais est-ce convaincant ?

Supergirl relance le DCU, mais est-ce convaincant ?

Un univers cinématographique qui repart de zéro, une héroïne inédite sur grand écran, et des attentes contradictoires : le cocktail était explosif. Supergirl vient de débarquer dans les salles françaises, et les premiers retours de spectateurs sont là, tranchants comme la cape rouge de Kara Zor-El.

Le contexte, d’abord. Après des années de chaos narratif chez DC, le reboot orchestré par James Gunn et Peter Safran se veut une remise à plat totale. Supergirl n’est pas un film de transition : c’est une pierre fondatrice du nouveau DCU, censée poser des bases solides avant l’arrivée de Superman plus tard cette année. La pression est donc énorme, et le film le sait.

Ce que les spectateurs semblent saluer, c’est avant tout l’énergie. Le personnage de Kara y est présenté comme plus brut, moins policé que son cousin kryptonien, portant une vraie noirceur intérieure. Certains y voient une réponse directe aux critiques adressées à la phase finale de Marvel : trop lisse, trop formaté, trop soucieux de cocher des cases. Ici, le choix de donner de la profondeur psychologique au personnage principal, plutôt que de le transformer en symbole creux, est une vraie prise de risque créative.

Mais tout n’est pas rose pour autant. Plusieurs retours pointent une écriture secondaire perfectible : les personnages autour de Kara manquent d’épaisseur, et certaines séquences d’action peinent à se démarquer visuellement d’un blockbuster lambda. La comparaison avec le Superman de Gunn, encore à venir, plane comme une épée de Damoclès : si ce film fonctionne en appetizer, il risque aussi d’en souffrir rétrospectivement selon la qualité du plat principal.

« Le plus grand défi n’était pas de rendre Supergirl puissante, mais de la rendre humaine. »

C’est là que réside l’enjeu véritable. Le DCU version Gunn a fait le pari de l’écriture avant le spectacle, une philosophie à contre-courant des années Snyder mais aussi d’une partie de la production Marvel récente. Supergirl en est le premier test grandeur nature : si le public suit malgré l’absence d’un personnage iconique comme Batman ou Superman en tête d’affiche, cela prouve que la stratégie tient la route.

Les premières heures en salle semblent encourageantes, sans être triomphales. Le bouche-à-oreille s’annonce positif sur l’aspect émotionnel, plus tiède sur le spectaculaire pur. Ce profil ressemble moins à un hit instantané qu’à un film qui gagne en valeur dans un contexte élargi : celui d’un univers cohérent en construction. Tout dépendra de ce que Superman, attendu comme la pièce maîtresse, viendra confirmer ou infirmer. Gunn joue une longue partie, et Supergirl n’en est que le premier coup.

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