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Tesla et SpaceX en fusion à 3 500 milliards

Tesla et SpaceX en fusion à 3 500 milliards

Trois mille cinq cents milliards de dollars : voilà le chiffre qui résume l’ambition vertigineuse d’Elon Musk, confirmée ce mercredi lors de la présentation des résultats trimestriels de SpaceX. Une fusion entre Tesla et SpaceX est officiellement à l’étude, portée par des comités spéciaux d’administrateurs indépendants dans les deux entreprises. Si elle aboutit, cette opération serait la plus importante de l’histoire économique mondiale, dépassant toutes les méga-fusions connues à ce jour.

Elon Musk a été direct sur ses motivations : l’émergence d’une « singularité de superintelligence » rendrait la coopération entre les deux groupes stratégiquement indispensable. Développement de logiciels d’intelligence artificielle avancée, conception de puces, robotique, lancement de masse en orbite, connectivité : les domaines de chevauchement potentiel sont nombreux et réels. L’entité combinée serait centrée sur l’IA et les infrastructures de calcul, deux secteurs en pleine ébullition.

Mais Musk a lui-même reconnu le paradoxe de sa situation : étant à la tête des deux entreprises, il se trouve en situation de conflit d’intérêts évident et ne peut donc pas participer aux discussions des comités spéciaux. Ce sont des administrateurs indépendants qui conduisent les négociations, à la demande des actionnaires. Cette configuration, qui vise à protéger les minoritaires, illustre aussi la complexité juridique et éthique d’une opération où le même homme contrôle les deux parties.

« Je pense que ce serait une bonne idée. Mais au bout du compte, ce sont les actionnaires qui doivent être favorables à cela. », Elon Musk, lors de la conférence de présentation des résultats de SpaceX, mardi 20 octobre 2026.

L’approbation de 50 % des actionnaires Tesla est requise pour valider une telle opération, un seuil qu’Elon Musk lui-même qualifie d’« obstacle très élevé ». Il a d’ailleurs mis en garde contre tout optimisme excessif, soulignant que les comités n’ont pas encore trouvé d’accord sur les conditions et pourraient ne jamais y parvenir.

Le timing de cette annonce n’est pas anodin. SpaceX vient d’enregistrer son premier trimestre bénéficiaire de son histoire, avec 4,4 milliards de dollars de bénéfice net au troisième trimestre 2026, contre une perte de 1,05 milliard un an auparavant. Le chiffre d’affaires a bondi de 161 % en glissement annuel, tiré par les activités liées à l’intelligence artificielle. Présenter une fusion dans ce contexte, c’est mettre en avant une SpaceX au sommet de sa forme financière, ce qui renforce mécaniquement le rapport de force dans les négociations.

Pour Tesla, l’équation est différente. Le constructeur automobile électrique traverse depuis plusieurs trimestres une période difficile sur ses marchés historiques, face à la concurrence chinoise et à un ralentissement de la demande. S’adosser à SpaceX, dont la valorisation et la trajectoire sont désormais portées par l’IA, pourrait offrir un nouveau récit aux investisseurs. Reste à savoir si cela compense les risques de dilution et de complexité opérationnelle qu’une telle méga-structure engendrerait.

Ce qui convainc

Ce qui interroge

Pour mettre en perspective : 3 500 milliards de dollars, c’est plus que le PIB annuel de l’Allemagne, et bien au-delà de toute fusion jamais réalisée dans l’histoire des entreprises. À titre de comparaison, le rachat d’Activision Blizzard par Microsoft, pourtant présenté comme historique en 2023, portait sur 69 milliards. L’entité combinée Tesla-SpaceX se positionnerait parmi les toutes premières capitalisations boursières mondiales, bousculant le classement des géants technologiques.

Cette concentration de puissance économique entre les mains d’un seul actionnaire de référence posera inévitablement des questions aux régulateurs, en particulier en Europe et aux États-Unis, où les autorités antitrust examinent de plus en plus attentivement la domination des grandes plateformes technologiques. L’IA comme vecteur de rapprochement ajoute une dimension supplémentaire au contrôle réglementaire potentiel.

À retenir

Cette fusion est avant tout un pari pour les investisseurs institutionnels et les technophiles convaincus par le récit de l’intelligence artificielle comme moteur universel. Pour les actionnaires Tesla ordinaires, soucieux de la performance automobile et de la rentabilité à court terme, l’opération reste une promesse abstraite et risquée, dans laquelle ils n’auraient que peu de levier réel face à un fondateur dont la vision, souvent audacieuse, n’a pas toujours épargné leurs portefeuilles.

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