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Trump sort le tire-bouchon : 100 % de droits sur le vin français, vraiment ?

Trump sort le tire-bouchon : 100 % de droits sur le vin français, vraiment ?

Le timing est savoureux, presque trop. Alors que le président américain s’apprête à fouler le sol français pour le G7 d’Évian, Donald Trump brandit une menace commerciale d’une brutalité assumée : des droits de douane de 100 % sur le vin français si Paris ne renonce pas à sa taxe sur les services numériques. Un ultimatum servi à la veille d’une rencontre entre chefs d’État, avec toute l’élégance diplomatique qui caractérise la méthode Trump.

Derrière l’anecdote viticole se cache un bras de fer économique majeur. La taxe française sur les services numériques, surnommée « taxe GAFA », cible directement les géants américains du web : Google, Apple, Facebook, Amazon. Pour Washington, c’est une discrimination déguisée. Pour Paris, c’est une tentative légitime de faire contribuer fiscalement des entreprises qui captent des revenus colossaux sur le territoire français sans y payer grand-chose. Ce conflit n’est pas nouveau, mais il ressurgit avec une violence inédite.

La menace des 100 % n’est pas qu’un symbole. Le vin et les spiritueux français représentent plusieurs milliards d’euros d’exportations annuelles vers les États-Unis, premier marché mondial pour les vins de Bordeaux, de Bourgogne ou de Champagne. Frapper là, c’est viser une filière entière, des petits châteaux aux grandes maisons, avec un effet récessif potentiellement dévastateur sur certaines régions.

La France ne saurait renoncer à son droit souverain de taxer les activités économiques réalisées sur son territoire.

Cette posture française, aussi ferme soit-elle en théorie, se heurte à une réalité comptable inconfortable. Car la source 2 de cette actualité dense nous rappelle une autre pression simultanée : la trajectoire de la dette publique française est, selon quatre économistes, probablement hors de contrôle à l’horizon 2029. Plus d’une chance sur deux que l’objectif de stabilisation ne soit pas tenu. Dans ce contexte, perdre des recettes fiscales liées à la taxe GAFA, ou absorber un choc sur les exportations viticoles, n’est pas anodin. La marge de manœuvre de Paris est objectivement réduite.

Trump le sait. Sa technique est rodée : frapper vite, fort, sur un secteur symbolique, pour forcer une concession sur un dossier de fond. Il l’a fait avec l’acier européen, avec le Japon sur l’automobile, avec la Chine sur à peu près tout. La vraie question n’est pas de savoir si la menace est crédible, mais si la France peut se permettre de ne pas céder sans qu’il en coûte trop cher économiquement.

Le G7 d’Évian s’annonce donc comme un révélateur. Soit Macron tient la ligne et les négociations s’annoncent longues et douloureuses pour certaines filières françaises, soit Paris lâche du lest sur la taxe numérique, ce qui constituera un précédent que tous les partenaires commerciaux noteront attentivement. Entre la souveraineté fiscale et la santé d’un secteur exportateur emblématique, le choix n’a rien d’évident. Et Washington mise précisément sur cette ambivalence.

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